Les pompiers
retour retour vers les pompiers
Bouchonnet- Cuenin-Rein

C’est le 30 Avril 1930 que le Corps de Sapeurs Pompiers de Montreux-Vieux a vu le jour.

Entièrement constitué de volontaires, ceux-ci y apportant leur enthousiasme et leur expérience, s’étaient spontanément mis au service de la collectivité pour lutter contre les incendies et tous autres sinistres.

En réalité on peut dire que des pompiers existèrent de tout temps à Montreux-Vieux puisqu’une délibération du Conseil Municipal datant du 25 Mars 1859 relate déjà des démarches effectuées par la commune et des conditions du marché passé avec la maison Simon Fils, constructeur de pompes d’incendies à St-Dié (Vosges) pour la livraison d’une pompe à bras n°3 ( il n’était pas question de notre pompe à l’époque...) pour le prix de 2000 Frs « payable dans un intervalle de 5 ans » après réception le 17 Juin 1859. Une curieuse coutume ne voulait-elle pas d’ailleurs à cette époque que chaque nouvel habitant de la commune , avant de pouvoir prétendre à sa part de bois d’affouage, ne fournisse auparavant un seau en cuivre pour la pompe à incendie?

Mais si, il y a plus d’un siècle, les pompiers ne comprenaient que des volontaires acceptant de se dévouer bénévolement pour la cause publique, depuis le 30 Avril 1930, grâce à l’ancien maire Célestin Catté dont le souvenir reste lié à cette création, Montreux-Vieux était doté d’un corps de Sapeurs-Pompiers organisé.

Pour la petite histoire le 8 juillet 1930, le prix de la vareuse était de 212 F, le pantalon à 97 F, le casque à 65 F et le képi à 23 F.

NOTRE CORPS DE SAPEURS-POMPIERS

A son origine, il ne comprenait que trente hommes placés sous le commandement du lieutenant Théophile Huggenberger que son occupation sédentaire de forgeron maréchal-ferrant avait fait choisir comme chef de corps, puisqu’elle lui permettait d’intervenir à tous moments en cas d’alerte.

Grâce à l’aide de la commune, la pompe à bras était remplacée par une motopompe « Guinard » munie de tous ses accessoires: dévidoir, etc...

Par la suite il fut demandé à chaque sapeur et gradé de signer un engagement de 5 ans au service du corps ; et si quelques uns hésitèrent à se « lier » , la grande majorité accepta d’apporter son entier dévouement au corps.

La section locale ne cessant de se perfectionner, se distinguait dans plusieurs compétitions intercommunales remportant avec la place de premier la plaquette d’or au concours de Carspach en 1936 puis à Oltingue en 1938.

LA FETE DES SAPEURS-POMPIERS ORGANISEE LE 20 AOUT 1950 A L'OCCASION DU 20ème ANNIVERSAIRE DE SA FONDATION

Le programme 1ère partie

 

7-8 heures : concours des Corps, place de la Gare

8-9 heures : Réception des Corps

9 h 45 : Service religieux

9 h 45 : Réception des personnalités officielles (Mairie)

10 heures : Cérémonie au Monument aux Morts

10 h 15 : Décoration (20 années de service) place de la Gare

10 h 30 : Démonstration du groupe de gymnastes du Corps de Montreux-Vieux

11 heures : Vin d’honneur

2ème partie

12 h 30 : Déjeuner en commun

14 heures : Rassemblement pour le cortège, place de la Gare

15 heures : Démonstration par le Corps de Montreux-Vieux

15 h 30 : Distribution de diplômes du concours

16 heures : Concerts par les Musiques, Cliques

20 heures : Bal Champêtre.

C’est par un temps magnifique que ce sont déroulées les festivités prévues à l’occasion du 20ème anniversaire de la fondation du corps de sapeurs-pompiers de Montreux-Vieux. Le village pavoisé et décoré était en liesse. Ce n’étaient partout que guirlandes, fleurs, drapeaux et arcs de triomphe aux banderoles évocatrices: Honneur aux soldats du feu! Courage et dévouement! etc...

LE CONCOURS INTERCOMMUNAL

Il eut lieu à partir de 7 heures sur la place de la Gare. A côté de M. le Commandant Ludmann, Inspecteur Départemental des Services d’Incendie se trouvaient le Capitaine Brunner, Inspecteur Adjoint du Service Incendie de l’arrondissement d’Altkirch, le Capitaine Heinrich, Inspecteur adjoint du Service Incendie de l’arrondissement de Guebwiller, le Capitaine Weinstoerfer, Inspecteur adjoint du Service Incendie de l’arrondissement de Thann et le Capitaine Woehrlin, Inspecteur adjoint du Service Incendie de l’arrondissement de Mulhouse.

Les différentes sections devant participer au concours étaient partagées en deux groupes. Dans le premier figuraient: Seppois-le-Bas, Oltingue, Dannemarie et Hirtzbach et dans le second: Waldighofen, Wittersdorf, Muespach-le-Bas et Friesen.

Le thème suivant avait été proposé aux chefs de corps:

« Après le déjeuner, faisant chauffer de l’eau sur un réchaud à alcool, une servante renverse celui-ci. Il communique le feu au comptoir et à une bonbonne d’alcool qui explose. Le local servant de salle de café étant vide de clients, il n’y a pas de victimes; il est aussitôt envahit de fumée qui gagne l’escalier menant au premier étage, par une porte que la servante, en se sauvant, a laissé entrebâillée.

A votre arrivée, le foyer se trouve dans la salle, il menace l’escalier qui reste praticable pour des sapeurs exercés. Vous apprenez qu’au rez-de-chaussée, à côté de la salle, se trouve une réserve d’alcool contenue dans deux bidons métalliques de cinquante litres, la salle n’est séparée que par une cloison de bois.

Dans l’immeuble, il n’y a que l’électricité, le compteur se trouve dans l’escalier, le point d’eau est en face, de l’autre côté de la chaussée qui est à grande circulation. Faire le nécessaire ».

Successivement, manoeuvres, exercices de sauvetages se combinèrent jusque vers 9 heures où les sapeurs-pompiers représentés se rassemblèrent en cortège pour se rendre à l’office religieux.

 

LA RECEPTION OFFICIELLE

Devant la mairie, M. Auguste Seiler, maire de Montreux-Vieux, reçu les hôtes de la commune. Il était entouré d’une délégation du Conseil Municipal, de M. Antoine Knopf, conseiller général et maire de Retzwiller, de M. Paul Lentz, maire de Montreux-Jeune, de M. Armand Gautherat, maire de Magny, on notait encore à ses côtés M. Camille Bouvier, maire de Lutran, M. Justin Gautherat, maire de Valdieu, M. Paul Gautherat, maire de Chavannes-sur-l’Etang ainsi que M. Messerlin, maire de Dannemarie, M. Finck, maire de Romagny et M. Schott, inspecteur des contributions indirectes.

Nous avons encore remarqué la présence de M. Célestin Catté, ancien maire de Montreux-Vieux et fondateur du Corps de sapeurs-pompiers, de M. Mutz, directeur d’école, de M. René Durand, directeur de la « Jeanne d’Arc », de M. Bardelang, chef de gare, de M. Auguste Trabold, fondé de pouvoirs à la Filature et Tissage, de M. Marcel Schlosser, président de la société de pêche, de M. Albert Holbein, président de la société des « Montreux-Sports », de M. Paul Braunstedter, président de l’Accordéon-Club « Union » de M. Blanc, chef de la brigade de gendarmerie de Dannemarie, de M. Greiner, garde-forestier, etc...

A 9 h 50 arrivait M. le Sous-Préfet d’Altkirch qui fut accueilli à sa descente de voiture par M. le Maire Seiler. Il était accompagné de M. le Député Wasmer de Mulhouse.Il salua les personnalités présentes, les maires, et se fit présenter le lieutenant Théophile Huggenberger, chef du corps de sapeurs-pompiers de Montreux-Vieux. Une charmante alsacienne, la petite B. Rubiloni, lui offrit une magnifique gerbe de fleurs en lui récitant, un compliment de bienvenue.

Une autre alsacienne, la gracieuse S. Burkart, offrit de même au commandant Ludmann une belle gerbe multicolore avec de beaux souhaits de bienvenue.

 

AU MONUMENT AUX MORTS

Les personnalités officielles auxquelles allait se joindre peu après le commandant Favre, président de l’union régionale des sapeurs-pompiers, se rendirent ensuite au monument aux morts de la commune, restauré et embelli pour la circonstance.

successivement M. le sous-Préfet et le commandant Ludmann déposèrent au pied du monument les gerbes qui venaient de leur être offertes cependant que retentissait une poignante « Sonnerie aux Morts » exécutée par la clique de Montreux-Chateau (Territoire de Belfort) suivie d’une vibrante Marseillaise exécutée par la musique de Carspach.

Puis le cortège se reforma pour se rendre place de la Gare.

 

REMISE DE DECORATIONS

A son arrivée sur la place, M. le Sous-Préfet salua le drapeau des sapeurs-pompiers de Dannemarie, puis, alors que les corps présents formaient le carré et que retentissait la sonnerie « ouvrez le ban » le commandant Ludmann , assisté de Capitaine Brunner, procéda à la remise des décorations suivantes:

Médaille d’honneur en argent pour 20 ans de service, aux lieutenants Huggenberger Théophile, lieutenant Paul Gautherat, maire de Chavannes-Sur-l’Etang, sous-lieutenant Etienne Widemann, sergents Auguste Seiler, maire de Montreux-Vieux, Cuenin Paul, Gutbrod Charles, caporal Sutter Xavier, et sapeur Martin Léon.

Lettres de félicitations pour acte de courage et dévouement lors de l’incendie du dépôt de la « Jeanne d’Arc » aux sergents Cuenin Paul, Hattenberger Eugène, sapeurs Altenbach Noël et Fermbach André et à l’adjudant Ret Jean, chef du corps de sapeurs-pompiers de Montreux-Jeune.

 

EXHIBITION DES GYMNASTES-SAPEURS-POMPIERS DE MONTREUX-VIEUX

Ce fut le véritable « clou » de la fête. Sous la direction énergique de leur moniteur, le sapeur Emile Gimelli, ils se présentèrent d’abord en tenue de pompiers devant le public, puis reparurent, s’étant dévêtus en un tournemain, en tenue de gymnastes.

Ce fut d’abord des mouvements exécutés avec un ensemble parfait sous l’oeil connaisseur du commandant Ludmann, puis des exercices plus compliqués au cheval d’arçon pour enfin terminer par des sauts périlleux de haute voltige.

Là, l’enthousiasme du public fut à son comble et chaque exercice suscitait des applaudissements nourris parmi la foule. Ce fut au milieu des acclamations frénétiques que les gymnastes, bombant le torse, retournèrent aux vestiaires. Leur chef de groupe en ressortit d’ailleurs immédiatement , mandé par le sous-préfet et le commandant Ludmann qui tenaient à lui adresser publiquement leurs félicitations pour les manoeuvres combinées excellentes réalisées et l’homogénéité du groupe présenté qui n’a été pris en main que quelques mois.

Alors que les pompiers se rendaient à la buvette où un vin d’honneur leur était gracieusement offert par le corps de sapeurs-pompiers de Montreux-Vieux, les officiels retournèrent à la mairie où la municipalité leur avait préparé une petite réception.

Un banquet de plus de 500 couverts réunit ensuite sur la place de la fête les différents corps de sapeurs-pompiers présents. Le menu fut à tous les points de vue excellent et au dessert, M. Théophile Huggenberger, chef du corps de sapeurs-pompiers de Montreux-Vieux prit le premier la parole pour remercier tous les corps qui avaient bien voulu honorer de leur présence cette fête, avec une mention toute spéciale au corps de sapeurs-pompiers du bourg limitrophe de Montreux-Château (Territoire de Belfort).

Il céda le micro à M. Seiler Auguste, maire de Montreux-Vieux, après avoir salué les personnalités présentes, poursuivit en ces termes:

« Il y a cette année 20 ans que notre corps de sapeurs-pompiers existe. Le 30 Avril 1930, sur l’initiative de mon prédécesseur M. Catté, une quarantaine d’hommes furent invités à se rendre à la mairie dans le but de créer le corps de sapeurs-pompiers. sur les 40 invités, une trentaine se déclarèrent d’accord sur le principe , mais seulement 20 signèrent finalement l’engagement de 5 ans.

Durant ces 20 années, nous avons combattu 25 sinistres, sans compter de nombreux feux de cheminée. Le plus important fut sans conteste l’incendie du dépôt de carburant de la « Jeanne d’Arc » où nos pompiers se sont vaillamment distingués et où les pompiers de Mulhouse, Atkirch, Dannemarie, Belfort et Montreux-chateau durent être appelés à la rescousse.

Devenu centre de secours en 1948 et ayant 12 communes à desservir, sur l’initiative de M. le commandant Ludmann, notre corps s’est vu doté d’un fourgon normalisé et d’une motopompe plus puissante.

De ce fait, notre dépôt est devenu trop petit. Les démarches nécessaires pour l’agrandissement sont en cours, j’aurais bien voulu profité de cette occasion pour inaugurer le nouveau bâtiment mais l’approbation du dossier administratif se fait désirer de sorte qu’il nous faudra encore patienter quelques mois avant de voir notre rêve se réaliser. »

L’orateur termine en exaltant avec une brillante éloquence la tâche toute d’abnégation des soldats du feu qui, à tout moment, donnent le plus bel exemple de hautes vertus civiques.

Le capitaine Brunner lui succéda pour remercier tous ceux « qui lui ont permis de gagner la haute distinction qui vient de lui être conférée » puisqu’a-t-il ajouté: « moi sans vous, je ne suis rien ». Et il termina par ces mots: « Je vous remercie de votre discipline, restons camarades pour faire de l’oeuvre utile dans l’intérêt de la France ».

M. le Conseiller Général Knopf prit ensuite la parole pour adresser ses félicitations aux nouveaux décorés, aux organisateurs de cette fête et en même temps parler de la tâche difficile dévolue aux pompiers. Il cita l’exemple magnifique du Chef de Corps de Montreux-Vieux, qui, faisant preuve de l’héroïsme le plus pur, n’hésita pas, à la libération, à aller sauver des blessés. En traversant un champ de mines, il fut lui-même blessé et dut subir l’amputation d’une jambe.

Le commandant Ludmann, dans le parler franc et énergique qui lui est habituel, exhorta ensuite les sapeurs-pompiers à une discipline toujours plus stricte aussi bien au cours des exercices qu’en tout autre lieu. Il évoqua ensuite quelques questions techniques et dit sa satisfaction de constater que les stages à l’école des sapeurs-pompiers ont permis d’obtenir des progrès remarquables. Se tournant ensuite vers M. le Député Wasmer, il lui exposa en termes nets les doléances des sapeurs-pompiers du Haut-Rhin qui se résument en un seul point: l’attribution de crédits de l’Etat.

M. le Député Wasmer qui lui succéda, exprima des doutes quant à l’obtention des crédits demandés. Il parla des temps troubles que nous traversons, de la nécessité de consentir de nouveaux sacrifices pour la défense nationale, l’époque actuelle s’avérant excessivement dangereuse ».

Mais il se hâta d’ajouter « avec la patience qui caractérise les bons citoyens en appliquant intégralement les mots d’ordre, de courage, et de dévouement. Les difficultés seront vaincues. »

Après le commandant Favre, qui prononça également quelques mots, M. le Sous-Préfet prit également la parole. Ce fut pour constater que les corps des sapeurs-pompiers représentent dans un pays et ont un rôle important à jouer dans la vie d’une commune. Ce fut pour constater avec plaisir qu’un grand nombre de jeunes étaient présents, ce qui fait augurer de l’avenir. Il termina par une éloquente exhortation aux jeunes: « Montrez ce que vous êtes, ce que vous voulez être, ce que vous serez pour notre France de demain. »

En termes émus, M. Catté, ancien maire remercia alors les organisateurs et reparla de la fondation de son cher corps de sapeurs-pompiers.. Il dit combien il était fier du chemin accompli depuis lors et souhaita longue vie et prospérité au corps de sapeurs-pompiers qu’il avait créé.

Un cortège avec une participation si nombreuse qu’elle défie l’imagination, une nouvelle démonstration empreinte d’un cachet humoristique très plaisant, exécutée par les pompiers de Montreux-Vieux, figurait à la suite du programme, puis ce fut la lecture du palmarès du concours. Le soir, bien que la plupart des délégations furent reparties, un bal mit fin dans l’ambiance la plus joyeuse à cette splendide journée.

 

CENTRE DE SECOURS

Aussi en 1945, lors de la désignation des centres de Secours Incendie et de leur rayon d’action, Montreux-Vieux fut-il retenu par arrêté préfectoral du 18 Juin avec un rayon d’action de 12 communes à desservir, à savoir : Bellemagny, Bréchaumont, Bretten, Chavannes/L’Etang, Eteimbes, Lutran, Magny, Montreux-Jeune, Romagny, St Cosnes, Valdieu, et naturellement Montreux-Vieux.

Ces communes étaient situées dans un rayon d’une dizaine de kilomètres et si le Corps des Sapeurs-Pompiers disposait bien d’une motopompe, le véhicule pour en assurer le transport faisait défaut. Il fallait en cas de sinistre, faire appel au camion d’un particulier pour le transfert du matériel et des pompiers. Il en résultait naturellement une perte de temps préjudiciable à la bonne conduite des opérations.

Aussi la Direction Départementale des Services Incendie à Colmar allouait-elle en 1949 à notre Centre de Secours, un fourgon normalisé nouveau modèle de grande maniabilité de même qu’une puissante motopompe remorquable, montée sur pneus, d’un débit de 60 m.

 

LE POSTE-INCENDIE

Les différentes dotations de 1949 allaient pour le problème de l’Aménagement et de l’Agrandissement du Poste Incendie. Celui-ci existait bien puisque le 10 mai 1959, l’assemblée municipale avait décidé de construire le hangar de la pompe à incendie existante et de prévoir un crédit de 280,45 Frs (!) à cet effet.

Le 1er Décembre 1950, les plans de M.Baur, architecte à Mulhouse, étaient approuvés et un crédit de 1 170 000 F voté, le Ministère de l’Intérieur à Paris ayant fait connaître que le concours financier de l’Etat ne pourrait être accordé.

Il s’avéra rapidement au cours des travaux qu’une tour de séchage devenait un complément indispensable au nouveau poste incendie.

Sa construction nécessita un nouvel investissement de 1 070 000 Frs et cela toujours sans subvention aucune.

Au cours d’une séance houleuse qui eut lieu le 29 mars 1951, le Conseil s’insurgea contre le procédé consistant à désigner une Commune comme Centre de Secours, lui allouant un fourgon et des motopompes dont le département reste propriétaire.

Contraignant ensuite la municipalité à des dépenses exorbitantes pour loger le matériel, ceci d’autant plus que la dépense engagée s’élevant à près de 2 millions et demi profitait en fait aux 12 communes rattachées au Centre de Secours.

Mais toutes les démarches entreprises restèrent vaines et l’année d’après, le poste incendie flambant neuf, flanqué de sa tour s’élevant à 12 m60, était inauguré.

 

UNE CASERNE ULTRA MODERNE

La Caserne

Mise en chantier en mai 80, achevée dans son gros oeuvre depuis juin 81, la nouvelle caserne constitue pour le centre de Montreux-Vieux, un outil de travail de première qualité. On y trouve non seulement un vaste garage pour les véhicules, mais aussi des locaux techniques ; un coin douche, un bureau pour le chef de corps et une vaste salle de réunion qui sert à la fois de salle d’honneur et de salle d’instruction.

Son coût global s’est élevé à 1 130 936 Frs pour lesquels l’état a versé une subvention de 86000 Frs (sur projet plafonné à 858 000 Frs) et le conseil général des annuités de 51 368 Frs qui seront versées pendant 15 ans.

L’aménagement intérieur a été assuré par l’amicale de Montreux-Vieux qui a déjà dépensé 50000 Frs pour financer le mobilier.

 

UN TABLEAU DE ROUTE SYNOPTIQUE

Autre innovation apportée par la nouvelle caserne : un tableau lumineux synoptique représentant le réseau routier du secteur desservi par le centre d’intervention. Chaque village peut être affiché séparément sur simple pression d’un commutateur électrique permettant aux hommes du feu de connaître instantanément la route à suivre. Réalisé par deux sapeurs du centre, ce gadget électronique a nécessité 30 h de travail. Avantage de ce nouvel outil de travail : permettre aux retardataires ou aux renforts de désigner le lieu de l’intervention, lorsque l’équipe de permanence a déjà pris la route. Des systèmes similaires, perfectionnés avec de véritables feuilles de route sont déjà en vigueur dans les centres d’Altkirch ou Mulhouse.

 

LA FOURGONNETTE

.En automne 1977, le Centre de Secours de Montreux-Vieux et les Corps de Chavannes/L’Etang, Valdieu-Lutran et Montreux-Jeune ont eux aussi organisé dimanche matin leur revue-démonstration d’automne.

Le lieutenant Rein a conduit la revue des hommes et des véhicules et a notamment présenté aux personnes présentes la grosse motopompe rénovée et la petite fourgonnette R4L, ancien véhicule du service des eaux de Montreux-Vieux, repeinte en rouge et portant fièrement les armoiries de la commune. Ce véhicule a été mis à la disposition du centre de secours de Montreux-Vieux tout en continuant de servir également pour les besoins de la municipalité.

 

UN J9 AMENAGE EN VSR : L’ATELIER ROULANT

Offert en 1982 par la commune au service d’incendie, payé pour moitié par la commune et pour l’autre moitié par l’amicale des sapeurs pompiers qui a réalisé un prêt à cet effet et qui en a assuré l’aménagement intérieur (coût 20 000 Frs) le nouveau J9 VSR de Montreux-Vieux sert de véritable atelier roulant. Représentant une dépense globale de 70 000 Frs, ce nouveau VSR intervient en toute circonstance lorsqu’il faut un apport technique. Pour le centre de Montreux-Vieux il constitue indéniablement un atout.

 

NOUVEAU FOURGON

Attendu depuis quelques années par le centre de secours de Montreux-Vieux qui rayonne sur une quinzaine de communes (d’Eteimbes à Magny), le nouveau fourgon-tonne-pompe estarrivé à bon port en septembre 1994.

Un événement qui a été marqué, samedi après-midi, par une manifestation officielle rehaussée par la musique municipale de Ballersdorf dirigée par Justin Walter, en présence de personnalités dont le sous-préfet Daniel Bax, le 1er vice-président du Conseil Général Charles Haby, le député-maire d’Altkirch Jean-Luc Reitzer, vice-président du Conseil Général, Denis De Vittori, maire de Montreux-Vieux et le commandant Alphonse Hartmann, directeur départemental adjoint des services de secours et d’incendie du Haut-Rhin.

Une cérémonie parfaitement orchestrée avec, dans un premier temps, la revue des troupes et du matériel par les personnalités, suivie de la remise de médailles, diplômes et promotions pour une dizaine d’hommes dont le lieutenant Daniel Bouchonnet, chef du centre de secours de Montreux-Vieux, honoré de la médaille de vermeil par le sous préfet Daniel Bax. Daniel Bouchonnet est entré en 1967 au centre de secours pour gravir tous les échelons avant de prendre la succession du capitaine honoraire Joseph Rein en octobre 1988. Second temps, la bénédiction du nouveau véhicule par le curé Joseph Geopfert et la remise des clés. Si le nouveau fourgon était attendu depuis quelques années, c’est en raison de l’équipement souhaité par le chef de corps. En effet, ce fourgon-pompe-tonne, dont l’investissement a été totalement assuré par le Département (900 000 Frs), devait répondre aux nombreuses sollicitations du centre de secours, a rappelé Rémy With. C’est Charles Haby qui a remis les clés au conseiller général du canton de Dannemarie.

La cérémonie s’est achevée par un défilé dans les rues de Montreux-Vieux et les discours traditionnels à la salle des fêtes où un vin d’honneur a été offert par la commune.

Tour à tour, le maire de Montreux-Vieux, Denis De Vittori, le conseiller général Rémy With, le député Jean-Luc Reitzer, le 1er vice-président du conseil général Charles Haby et, enfin le sous préfet Daniel Bax ont mis en exergue le rôle des pompiers volontaires dans le dispositif de la sécurité civile.

Les récipiendaires Médaille de vermeil : lieutenant Daniel Bouchonnet

Médaille d’argent : adjudant-chef François Notter et sergent-chef Fabrice Mieschberger

1ère classe : les sapeurs Guy Lalevée, Sandro Soppelsa, Claude Sturm, Rudy Riedel Caporal : sapeur Denis Thurlingue

Sergent-Chef : Fabrice Mieschberger, Gilles Sinniger, Pascal Sinniger

Diplômes : Formation conducteur engin pompe : Lieutenant Daniel Bouchonnet sous-lieutenant Daniel Cuenin, adjudant-chef François Notter

Initiation conducteur engin-pompe : sapeurs Huertas, Lalevée, Thurlingue

BNS : sapeurs Soppelsa, Riedel, Sturm

Ranimation secours routier : sapeurs Riedel et Thurlingue. ( l’Alsace du 21-9-94).

 

ACTIVITES DU CORPS

Si depuis sa naissance notre Corps s’est distingué dans plusieurs compétitions intercommunales, son activité ne s’est pas bornée là. Et au cours des années passées, nos braves soldats du feu ont eu à combattre de nombreux incendies.

Le plus important fut, sans conteste, l’incendie du dépôt de carburants de la Jeanne d’Arc en 1949, où les pompiers d’Altkirch, de Mulhouse et de Belfort durent venir à la rescousse.

Plus près de nous il y eut aussi le 12 mai 1953, l’incendie qui détruisit 50 tonnes de matières premières à la Filature et Tissage de Montreux-Vieux. Mais c’est surtout durant l’occupation et au moment des combats précédant la Libération que notre Corps de sapeurs-pompiers fut mis à contribution.

C’est ainsi que le 8 octobre 1944, la gare frontière de Montreux-Vieux était l’objet d’un bombardement aérien au moment où de nombreux trains de marchandises et de wagons d’essence y étaient garés. Il fallut non seulement éteindre les foyers d’incendie mais également retirer des décombres fumants, les cadavres des soldats allemands.

Le 30 novembre 1944 enfin, les sapeurs pompiers étaient alertés afin de porter secours à trois personnes du village, blessées par des mines sur la route de Montreux-Château C’est au cours de cette opération de sauvetage que le chef de Corps lui-même fut victime de l’explosion d’une mine ce qui nécessita l’amputation de sa jambe droite.

Après la Libération, notre Corps de sapeurs-pompiers éprouva quelques difficultés de recrutement, mais peu à peu, grâce à la ténacité des anciens et au dynamisme des jeunes, l’équipe se reconstitua.

Tous les ans, différentes manoeuvres sont programmées. Voici le détail de celles d’octobre 1980 :

Fin Octobre, très précisément le dimanche 26, se sont déroulées à Bréchaumont, les manoeuvres du centre de secours de Montreux-Vieux, manoeuvres qui constituent l’exercice le plus important de l’année. Etaient donc réunis pour cet examen de synthèse, les corps de première intervention de Chavannes-sur-l’Etang, Bréchaumont, Montreux-Jeune, Valdieu-Lutran et bien entendu le centre de secours de Montreux-Vieux.

Les thèmes ? Pour les corps de première intervention, il s’agissait d’effectuer un établissement de deux petites lances sur un poteau d’incendie. Pour Montreux-Vieux, le « devoir » imposé était un peu plus complexe : Etablissement d’une grande lance sur motopompe portative alimentée par poteau d’incendie. Et transformation en deux petites sur une motopompe portative . Les cadets de Montreux-Vieux, quant à eux, eurent à « plancher » sur deux thèmes : établissement de deux petites lances et évacuation d’un blessé incommodé par la fumée. Le tout sous l’oeil attentif des différents chefs de corps dont le lieutenant rein, commandant le centre de secours de Montreux-Vieux et des élus parmi lesquels on pouvait reconnaître MM. Quiquerez, maire de Chavannes-sur-l’Etang, Thiebaut, maire de Valdieu Lutran, Schorr et Buttet Pierre, adjoints de Montreux-Vieux.

Dans l’ensemble, ces manoeuvres ont permis d’apprécier la capacité d’intervention des hommes du centre. Conclusions positives donc.Cet exercice nous donne l’occasion d’un rapide coup d’oeil sur le centre de Montreux-Vieux. Un certain nombre de coordonnées pour situer son importance.

QUELQUES CHIFFRES REPERES

* 11 communes pour 3 500 habitants

Le centre de secours de Montreux-Vieux comprend un effectif de 22 hommes commandé par le lieutenant Bouchonnet Daniel. Le service de santé se compose du médecin-capitaine Gérard Trabold et du pharmacien-capitaine Guy Lambert. Le centre couvre 11 communes, ce qui représente 3 500 habitants.

* Crédits et finances

En matériel il dispose d’un fourgon pompe-tonne (dotation du département), un fourgon d’incendie (département) et un véhicule de première intervention (fourni par la commune). Annuellement la commune affecte au centre des crédits de fonctionnement s’élevant à 12 000 F. Pour l’achat de matériel : tuyaux, lances, groupe électrogène... sans oublier les effets vestimentaires. A quoi s’ajoute une dotation de l’amicale destinée également à l’acquisition d’effets vestimentaires.

* Un nouveau dépôt

L’année 80, qui est aussi l’année du cinquantenaire du corps, sera marquée par l’inauguration du nouveau dépôt en cours de construction, dont l’agencement intérieur - il convient de le souligner - est à la charge de l’amicale.

* En 79 :Une centaine d’interventions

En 79, le centre de Montreux-Vieux a effectué une centaine d’interventions qui se répartissent comme suit :

- 10 incendies : le 1-1-79 : incendie dépendances agricoles à Magny ; le 15-1-79 : incendie maison d’habitation à Eteimbes ; 4-2-79 : incendie d’un atelier de la scierie Munch à Magny : 27-12-79 : incendie d’une dépendance agricole à Romagny.

- Huit feux de cheminée.

- Deux interventions pour assistance à des blessés de la route.

- Et plus de 10 interventions diverses.

Rappelons le camion citerne de fuel (30 000 l) renversé à Valdieu, le 16-2-79. Les besoins en financement des 10 dernières années du Centre de Secours se sont élevés à 1750000 Frs hors véhicule comprenant la part de la commune et celle de l’amicale.

CENTRE DE FORMATION

Depuis de nombreuses années en effet, les responsables de Montreux-Vieux, Daniel Bouchonnet, Daniel Cuenin et François Notter, avec le lieutenant Jean-Paul Groff de Seppois, animent une formation de « conducteur-mécanicien ».

Un stage d’arrondissement dont le contenu, théorique et pratique, a été élaboré par les cadres pompiers. Ce cycle d’une quarantaine d’heures permet d’enseigner aux hommes qui sont chargés de conduire et d’entretenir les engins mécaniques (motopompe), de connaître parfaitement le fonctionnement.

Un examen sanctionne ce cours dont l’attestation permet aux lauréats d’assumer de nouvelles responsabilités au sein de l’équipe d’intervention.

MATERIEL EN 1997

Doté jusque dans les années 70 d’un F.I.N et de deux motopompes (1 000 et 500 l/mm) le corps dispose à l’heure actuelle de :

1 F.P.T G 270 Renault de 1994

1 F.P.T. Citroën de 1971

1 V.S.R. J9 Peugeot de 1982

1 V.T.U. Trafic 4 x 4 Renault de 1989

1 M.P.R. 1000/15

1 M.P.R. 1000/10

1 M.P.P 500/10

1 M.P.F

1 Groupe vide cave

3 Groupes électrogènes

14 A.R.I

Le centre est équipé de matériel radio et d’une station de veille automatique, chaque sapeur étant doté d’un BIP.

Les interventions, variables selon les années, se situent à une moyenne de 80 par an. La plus importante, fut l’incendie de la garderie et de la filature de Montreux-Vieux en 1993, le 13 Mai.

retour retour vers les pompiers